dimanche 2 août 2015

Le Népal veut faire la guerre au trafic d'enfants


Des enfants népalais, le 20 mai, à Baktarpur.
Le gouvernement népalais a dévoilé, mercredi, une série de mesures visant à empêcher le trafic d'enfants qui s'accélère depuis le séisme du 25 avril.

Ce mois-ci, les autorités indiennes ont dû porter secours à une vingtaine de petits Népalais, tombés dans les griffes des trafiquants d'hommes. Leur cible: les enfants qui se retrouvent sans-abri depuis le séisme meurtrier du 25 avril au Népal, et vivant depuis dans des camps de fortunes surpeuplés. Afin d'enrayer ce phénomène grandissant, le gouvernement népalais a décidé d'agir. Mercredi, il a dévoilé un plan visant à la protection des enfants. «Nous craignions que les trafiquants ne profitent de la situation dans laquelle se trouve la population», s'est alarmé le porte-parole du ministre Ram Prasad Bhattarai.
Les autorités népalaises ont annoncé que les adoptions étaient suspendues pour une durée de trois mois à compter de ce mercredi. En 2010 déjà, plusieurs pays - parmi lesquels les Etats-Unis et le Canada - avaient interrompu les adoptions d'enfants en provenance du Népal. Ils avaient découvert que des orphelinats privés confectionnaient de faux-papiers certifiant que les enfants à adopter étaient orphelins alors que leurs parents étaient, en réalité, toujours en vie.
Le gouvernement a ajouté que les enfants devront désormais être accompagnés par leurs parents ou leur tuteur légal lorsqu'ils se déplaceront dans le pays «Cette restriction vise à protéger les enfants qui se retrouvent aujourd'hui sans-abri», a déclaré la ministre des Affaires familiales. Une lettre de permission de la Commission centrale du bien-être de l'enfant est désormais également obligatoire pour les enfants qui voyageraient seuls, a précisé M. Bhattarai.

Surveillance accrue des frontières

Ces restrictions surviennent quelques jours après que la police a retrouvé dans des bus de différentes régions népalaises, deux groupes d'enfants accompagnés d'adultes sans aucun lien de parenté avec eux. Les enfants ont été placés dans des refuges gouvernementaux, tandis que la police enquête encore sur l'affaire.
Des milliers d'enfants sont conduits chaque année du Népal jusqu'à l'Inde voisine pour travailler dans des exploitations agricoles ou des quartiers de prostitution. La frontière poreuse entre le Népal et l'Inde rend le pays himalayen vulnérable face à cette situation.
La catastrophe du mois dernier n'a fait qu'aggraver le problème, d'après les spécialistes. «Les trafiquants attirent les enfants avec la promesse de l'éducation et d'une vie meilleure», explique Ramesh Bhandari, travaillant pour une ONG népalaise de défense des droits de l'enfant, avant d'ajouter: «Le risque est de voir ces enfants se retrouver contraints de travailler, d'être exploités sexuellement et même vendus pour le commerce du sexe».
Afin de limiter ces flux illégaux, la police et les agences de sécurité ont décidé de renforcer la surveillance dans les zones affectées par le séisme ainsi que le long de la frontière. «Nous sommes en alerte élevée 24 heures sur 24 et nous surveillons de façon stricte les zones frontalières avant tout franchissement», a assuré la porte-parole de la police, Kamal Singh Bam.
Le séisme du 25 avril, qui a tué plus de 8600 personnes et dévasté les zones rurales, laisse derrière lui des milliers de démunis qui rêvent de se reconstruire.

samedi 1 août 2015

Retenu un an et demi au Qatar, Zahir Belounis est devenu le symbole malgré lui des dérives de ce pays si cher aux intérêts français. Extrait de "Dans les griffes du Qatar - Chantage, mensonges et trahisons", publié chez Robert Laffont (1/2).
Flatteur mais je ne mérite évidemment pas d’être comparé au prix Nobel de la paix, premier président noir de l’Afrique du Sud, qui avait passé vingt-sept ans en prison afin de lutter contre l’apartheid.
Je ne me considère pas comme un Robin des Bois des temps modernes et, même si les injustices m’ont toujours rendu irascible, je ne me suis pas soudain transformé en parangon de vertu. Comme tous les joueurs de football qui signent dans cet émirat du Moyen-Orient, j’étais d’abord venu chercher fortune. Je n’avais pas de regard dédaigneux pour les gens qui souffraient : je ne les voyais pas, pire, je les ignorais. Je n’avais pas conscience de ce qu’une partie de la population vivait et subissait. À mon tour, j’ai côtoyé la misère, sans parler des misères ! J’ai alors regardé autour de moi et ouvert les yeux. J’étais prêt à tout perdre et, effectivement, ma lutte m’a coûté cher. Très cher, même. Je me suis endetté mais l’argent n’achète pas tout, à commencer par le respect. Ce que j’ai franchi m’a conforté dans ma volonté d’aider les laissés-pour-compte. Je suis en quelque sorte leur ambassadeur. Et si, modestement, je peux contribuer à éveiller les consciences afin que cet état de fait évolue au Qatar…
La source de mes tourments : la Military Sport Association, l’équipe de football qui m’a recruté en 2007 et qui soudainement, quatre ans plus tard, a troqué son nom pour celui d’Al-Jaish Sports Club, avec pour président du conseil d’administration le général Hamad ben Ali al-Attiyah, chef d’État-major des armées et ministre de la Défense du Qatar. Dès lors je n’ai plus été payé, et la tension s’est accélérée. Après des mois d’atermoiements de leur part, je suis allé au bras de fer. J’ai porté une première plainte à Doha. Pour que ce cauchemar ne dure pas éternellement, j’ai dû me résoudre à signer un licenciement antidaté, renonçant ainsi de fait à mon contrat, lequel courait jusqu’au 30 juin 2015. Adieu salaires, primes et autres avantages. Une spoliation en bonne et due forme, sous le regard d’officiels que j’ai fixé dans le blanc des yeux au moment d’apposer ma griffe et auxquels j’ai lancé, en larmes : « Ce jour est grave car vous acceptez que je signe. » Au Qatar, pour obtenir son visa de sortie et donc quitter le territoire, un salarié étranger doit impérativement bénéficier de l’accord de l’employeur : c’est le système controversé de parrainage qu’on appelle la kafala.
Deux semaines après mon retour en France, j’ai adressé une plainte au procureur de la République de Paris pour « escroquerie, conditions de travail contraires à la dignité de la personne, faux et extorsion de fonds aggravée », plainte également portée contre X. Des délits passibles théoriquement de prison. J’espérais que le parquet de Paris ouvrirait une information judiciaire et qu’un juge d’instruction serait désigné. La justice française a, et j’en suis heureux, donné suite à ma plainte.
Je ne suis pas un héros mais je suis fier d’avoir pris mes responsabilités. Oui, moi, Zahir Belounis, Français d’origine algérienne, élevé à Champigny-sur- Marne en région parisienne en chérissant le drapeau tricolore, je suis fier d’avoir eu le courage, en dépit de toutes les menaces et intimidations reçues, de désigner distinctement cet esclavagisme qui sévit encore au XXIe siècle. Fier de m’être dressé depuis le Qatar, sans doute avec une dose d’inconscience, contre un État affichant sa toute-puissance, son mépris des lois les plus élémentaires. Fier d’avoir tenu bon pour dénoncer un système basé sur le chantage. Fier d’avoir résisté à ces institutions puissantes, à ces hommes qui ont le bras long. Fier d’avoir défendu des valeurs et d’avoir mené ce combat en tremblant, en doutant, en vacillant parfois, mais sans chuter.
Bien sûr, depuis mon départ du Qatar, j’ai repris force et courage, entouré de l’amour des miens. J’ai relevé la tête. Mais le traumatisme reste profond et les nerfs à vif. Les plaies ne sont pas cautérisées, la douleur et la colère toujours présentes. La peur, également, surgit de temps à autre. Je ne suis pas encore en paix. Le serai-je véritablement un jour ? Je n’en suis pas convaincu… Ce que j’ai vécu, enduré plutôt, je ne le souhaite à personne, pas même à mon pire ennemi. Otage et prisonnier d’un système, privé de liberté et de visa, donc sans possibilité de quitter le pays, j’ai cru devenir fou. J’ai touché le fond, j’ai été à ramasser à la petite cuillère. Je n’ai pas honte de prétendre que je me suis retrouvé au bord du précipice. J’ai même craint d’y laisser ma peau. L’âme et le coeur ont été durement remués. Oui, je conserve des séquelles irrémédiables. Ma volonté de continuer à être joueur de football professionnel a été brisée net alors que j’avais déployé tant d’énergie à bâtir ma carrière. Sans salaire, j’ai dû puiser dans mes économies. J’en ai bavé psychologiquement, j’ai été détruit. Long est le temps de la reconstruction.
Extrait de "Dans les griffes du Qatar - Chantage, mensonges et trahisons", publié chez Robert Laffont, de Zahir Belounis, 2015. Pour acheter ce livre, cliquez ici.
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Glissements de terrain au Népal: 36 morts

  • Un village dans le district de Kaski dans l'ouest du Nepal est inondé après de fortes pluies, le 30 juillet 2015
    AFP/AFP - Un village dans le district de Kaski dans l'ouest du Nepal est inondé après de fortes pluies, le 30 juillet 2015
Les glissements de terrain survenus jeudi au Népal à la suite de fortes pluies ont fait 36 morts, selon un nouveau bilan vendredi des autorités établi après la découverte de sept autres corps.
Les services de secours étaient en outre toujours à la recherche de six personnes portées disparues après les glissements de terrain qui ont dévasté jeudi des villages dans le district de Kaski (ouest) dans les contreforts de l'Himalaya, à quelque 150 kilomètres à l'ouest de la capitale Katmandou, selon la police.
"Le nombre de morts est monté à 32 dans notre district", a déclaré le chef de la police de Kashi, Kedar Rajaure.
Quatre autres personnes ont trouvé la mort dans trois glissements de terrain dans les districts voisins de Myagdi et Baglung ainsi qu'à Chitwan, une localité touristique, selon les autorités.
De nombreuses personnes périssent chaque année au Népal pendant la mousson en raison de glissements de terrain et des inondations.
En juin, 35 personnes avaient perdu la vie dans un glissement de terrain qui avait dévasté des villages dans le nord-est du Népal.
Les pluies de mousson entravent également l'acheminement de l'aide aux villages ravagés par les deux séismes qui avaient fait quelque 8.800 morts le 25 avril au Népal.