mardi 27 octobre 2026

Mission Teeru

 Namaste 

Voici un article écrit par Aurelie. Elle a participé à ce projet avec Pauline.


Ce matin nous quittons Katmandou en jeep pour une mission un peu folle : Apporter des fournitures scolaires jusqu’à la petite école de Teeru, un village de montagne perché à 2100m d’altitude. Depuis la catastrophe du 26 août dans la vallée de Trisuli,  la route desservant le village n’est plus praticable et le village est coupé du monde. 

Baje qui organise l’expédition avec l’asso LWNF nous a prévenu en rigolant : « C’est une mission vers l’inconnu ! Je ne sais même pas combien d’heures de pistes nous attendent, ni combien d’heures de marche ensuite pour rejoindre le village ! » 

Dans la voiture trois gros sacs de fournitures scolaires sont calés dans le coffre. Sangar sera notre guide, Suku, Kumar et Ram venus du village de Ghormu porteront les sacs. Deux voyageuses Bretonnes (dont moi !) ont la chance de partager cette aventure grâce à l’agence « Au cœur du Népal. »

 On sent de l’ excitation dans l’équipe et pour ma part un peu d’appréhension. Mais c’est ça que je suis en train d’apprendre ici : Ne plus s’inquiéter. Les heures seront courtes ou longues peu importe, mais ce sera sûrement joyeux et tout ce qui arrivera sera pour le mieux. 

Alors que nous longeons le fleuve Trisuli pour rejoindre le pont et gagner l’autre rive, le silence se fait. On découvre consternés l’ampleur de la catastrophe, la puissance de la vague qui a déferlé. Telle une explosion nucléaire, tout est enseveli sous une coulée de boue grisâtre et épaisse. La déferlante a englouti les contreforts du fleuve sur 100 m de hauteur et a tout atomisé sur son passage. Des villages et maisons qui s’étalaient au bord de l’eau sur des kilomètres il ne reste rien ou presque. Il faut les imaginer. Les ponts de béton ont été soulevés sur plusieurs mètres et la route qui longeait le fleuve n’existe plus. En quinze jours,  les bulldozer on crée une piste un peu plus haut à flanc de montagne. Un pont a été construit en quelques jours. La jeep s’engage et nous commençons l’ascension secoués comme des cocotiers! Le chemin est long mais avec tant de visages et de sourires croisés derrière les fenêtres que le plaisir est intense. La vie semble avoir repris malgré tout. On fauche dans les champs, on récolte dans les rizières, on discute sur les terrasses des maisons épargnées par la catastrophe. Celles qui étaient construites juste un peu plus haut.. 

Quand la voiture s’arrête enfin au bout de 6h c’est que la piste ne va pas plus loin. Un homme du village de Teeru est là, descendu pour nous guider jusque là haut. Même si le soir approche, on décide de commencer l’ascension. Cette nuit là, on dressera un campement de fortune dans la cour d’une école, avant de repartir le lendemain pour 1200m de dénivelé ! Je suis ébahie par la dextérité des porteurs qui galopent devant nous alors que leur charge est d’une trentaine de kilos. Mais les 1200 m de dénivelés sont durs à avaler pour tout le monde .. Pourtant ils sont toujours là pour faire attention à nous avec leur gentillesse exemplaire. Vers 10 h on aperçoit enfin le village et son école jaune. Les habitants ont été prévenus de notre arrivée et les enfants descendent  à notre rencontre. On déballe les sacs sous le préau : doudounes, chaussures, sacs à dos, pulls tricotés par une dame de Fougères. livres de classe, crayons de couleur et même du chocolat de France (car ici,  il n’y a qu’un simili chocolat chinois !) 

Les gamins sont interloqués les parents sourient. Plus tard, invités à partager le traditionnel « Dhal bat » on apprendra que certains enfants ont perdu leurs parents le jour de la catastrophe. Beaucoup travaillaient dans la vallée et dans la centrale hydroélectrique. Le bilan est lourd pour le village. Sur les 1500 habitants, il n’en reste que 200 aujourd’hui. 

Baje interpelle les 2 ados du village  : « Et vous qu’est-ce que vous voulez faire plus tard ? Quels sont vos rêves ? » Ils hésitent : « On ne sait pas .. partir pour Pokhara ou Katmandou .. en tout cas partir… » 

Le temps presse, le retour va être long. On quitte les lieux le cœur serré. En redescendant Baje se tourne vers moi:  « je suis certain que dans moins de cinq ans, il n’y aura plus de village, tout le monde sera parti. » Il n’est pas triste. C’est comme ça, on y peut rien et tout est toujours pour le mieux. 

 « Apporter ça dans ce village aujourd’hui, c’est peut être une goutte d’eau, ajoute t’il, mais le travail de l’asso c’est aussi d’aider les villages isolés. Et puis ce sont surtout les sourires qu’on a gagné  qui comptent » 
























lundi 26 octobre 2026

Un marathon pas comme les autres

 Si un jour vous voulez participer à 1 marathon qui est différent de tous les marathons organisés dans le monde. Venez à Katmandou : ambiance familiale des sportifs qui courent pour le plaisir, sans la recherche de performance. Tout au long du parcours, vous créez des contacts avec des jeunes ou des anciens. L'association Little World Népal était présente pour cette épreuve, avec quelques jeunes du village de Ghormu.









Le sport pour oublier

 La catastrophe de la rivière Trishuli a endeuillé de très nombreuses familles dans la région du Langtang, mais également dans tout le Népal. 

Cette route était utilisée par de nombreux camionneurs qui se rendaient à la frontière avec la Chine.

Notre projet était d’apporter 2 tonnes de riz et 1 tonne de lentilles, ainsi que de l'huile et du sel. Une route a été réalisée en quelques jours pour approvisionner les villages du Langtang, avec un détour de 8 heures de route, mais, pratiquement immédiatement après deux jours de pluie, les camions se sont embourbés.

Le gouvernement a réellement fait des prouesses avec l'aide de l'armée : les routes ont été retracées, deux ponts métalliques ont été montés en seulement 5 jours ; tout cela semble irréel pour nous. Après quelques jours, les magasins ont pu être de nouveau approvisionnés par route ou par air.

Pour apporter un peu de changement, le directeur du lycée agricole de Sarsung nous a demandé de l'aide pour organiser, sur 3 jours, une fête et un tournoi de volley-ball dans l'école. Pendant 3 jours, ce tournoi a permis de recréer un semblant de vie dans ce village. Le jour de la finale, nombreux étaient les parents qui sont venus assister aux finales !