mardi 24 juillet 2018


Népal-Tibet : la nouvelle route officielle est ouverte
Après près de deux ans et demi de fermeture, la Chine et le Népal ont officiellement rouvert aux voyageurs, fin août, le (seul) point de passage terrestre entre les deux pays. Une très bonne nouvelle pour accéder à la région autonome du Tibet depuis le Népal. Et une surprise pour les nouveaux prétendants…



Depuis le tremblement de terre d’avril 2015, le poste frontière de la célèbre « route de l’amitié » reliant Katmandou à Lhassa depuis les années 1960 (980 km tracés via les gorges de Nyalam, Tingry Shegar et Shigaste) était resté fermé aux voyageurs occidentaux, suite à des éboulements majeurs. Concrètement, depuis le Népal : fin des accès « directs » sur le camp de base nord de l’Everest. Fin des approches en véhicule sur le mont Kailash et la région historique du Gugé (Ngari). Les zones les plus spectaculaires et les plus courtisées du tourisme au Tibet, très accessibles depuis Katmandou, ne passaient plus que par un accès terrestre via... Lhassa.

Un nouveau point de passage
Une situation délicate ? Le 28 août dernier, le bureau du Tourisme tibétain a officiellement mis fin à cette situation. Et surprise : le point de passage frontière a changé. Exit le post frontière de Khodari (Népal) / Zang Mu (Tibet). La nouvelle "porte" transhimalayenne est située entre Rasuwa Ghadhi (Népal) et Kyirong (Tibet), 70 km plus à l’ouest, sur la rivière Trisuli, entre les massifs du Langtang et du Ganesh Himal.

Il faut cinq à six heures pour parcourir les 130 km depuis Katmandou jusqu’à la frontière chinoise, sur une route asphaltée à plus de 80 %. Et dont la partie finale est baptisée Pasang Lamu Highway, en hommage à la première femme sherpa à atteindre le sommet de l’Everest. Coté chinois ? Le poste frontière est « upgradé », flambant neuf. Et la route, qui remonte vers le chef-lieu du district de Kyirong (historiquement un haut lieu de l’exil tibétain depuis 1959) et le lac Peiku Tso et est totalement revêtue. Ce nouveau point d’entrée est à la fois une très bonne nouvelle et une surprise. Le gouvernement chinois est resté discret sur sa décision de ne pas réhabiliter la route historique des gorges de Nyalam et le village frontière de Zang Mu, pourtant plus directe et moins exposés que celle de Kyirong.

© Jean-Marc Porte
Les conditions d’obtention de visas et de permis dans la région autonome du Tibet ne changent pas d’un iota. Il est toujours impossible de voyager au Tibet autrement que via un groupe constitué dans le cadre d’une agence, qu’elle soit népalaise ou Tibétaine.