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mercredi 29 novembre 2017
Yéti: Des analyses ADN permettent d'identifier l'abominable homme des neiges
SCIENCES La créature mystérieuse serait en fait un ours des hautes montagnes de l'Asie, selon une nouvelle étude publiée mercredi...

Un homme déguisé en yéti lors d'une fête populaire en Macédoine. — Jugoslav Belada/Solent/SIPA
Un homme déguisé en yéti lors d'une fête populaire en Macédoine. — Jugoslav Belada/Solent/SIPA
La légende de « l’abominable homme des neiges » à l’épreuve de la génétique : des analyses ADN de restes supposés de « Yétis » montrent que cette créature mystérieuse serait en fait un ours des hautes montagnes de l’Asie, selon une nouvelle étude publiée mercredi.
Ce n’est pas la première fois que la génétique tente de faire un sort au Yéti, parfois décrit comme une sorte de grand singe sévissant dans ces régions.
En 2012, une équipe de scientifiques menée par le généticien Bryan Sykes de l’université d’Oxford, avait déjà réalisé des tests ADN sur des échantillons de poils censés provenir de Yétis. Un an plus tard, elle avait émis l’hypothèse que le Yéti pourrait être en réalité issu d’un croisement entre un ours polaire et un ours brun. Mais les résultats de cette étude sont controversés.
« Elle reposait sur des données beaucoup trop limitées pour permettre d’en tirer des conclusions solides », assure à l’AFP Charlotte Lindqvist, co-auteur de la nouvelle étude publiée dans Proceedings of the Royal Society B.
Ours noirs d’Asie, ours bruns d’Himalaya et ours bruns tibétains
Ce professeur associé de biologie à l’Université de l’Etat de New York, à Buffalo, a travaillé pour sa part sur neuf échantillons de restes supposés de Yétis. Fragment d’os, dent, morceau de peau, poils ou matières fécales ont été collectés dans les montagnes de l’Himalaya et le plateau tibétain sur une longue période, allant de la fin des années 1930 à récemment. Ils sont conservés dans des musées et collections particulières.
Après analyse ADN, l’un d’eux s’est avéré provenir d’un chien. Les huit autres échantillons correspondent à des ours noirs d’Asie, des ours bruns d’Himalaya et à des ours bruns tibétains. « Selon nos résultats, le Yéti est un ours qui vit dans la région actuellement », résume Charlotte Lindqvist. « Cela peut être n’importe lequel » de ces trois ours locaux.
L’ours brun de l’Himalaya (Ursus arctos isabellinus ou ours Isabelle) est une sous-espèce de l’ours brun. Il est doté d’une fourrure assez claire et rousse. L’ours brun du Tibet (Ursrus arctos pruinosus, ou ours bleu du Tibet), a une fourrure plus foncée avec un « collier » blanc autour du cou. Le troisième larron est l’ours noir d’Asie (Ursus thibetanus). Il est plus petit et porte une sorte de collier blanc sur son poitrail.
Le mythe du Yéti « puise ses racines dans des faits biologiques réels »
Pour Charlotte Lindqvist, les résultats de l’étude permettent de montrer que le mythe du Yéti « puise ses racines dans des faits biologiques réels » et se rattache aux ours locaux. « Cela avait été suggéré auparavant mais jamais confirmé directement avec une approche scientifique rigoureuse », souligne-t-elle.
L’équipe a également mené une étude génétique plus vaste sur 23 ours d’Asie dont les « Yetis » supposés. Elle a permis de constater que les ours bruns du plateau tibétain et les ours bruns des montagnes de l’Himalaya occidental semblent appartenir à deux populations distinctes d’ours séparés depuis très longtemps, malgré leur relative proximité géographique.
La séparation se serait produite il y a environ 650.000 ans, lors d’une période glaciaire. Dans son évolution, l’ours brun de l’Himalaya, isolé, aurait suivi son propre chemin. Est-ce pour autant la fin du mythe du Yéti ? Charlotte Lindqvist ne le pense pas. « Ce mythe est important pour la région de l’Himalaya et le folklore local » et il va le rester. « Les gens adorent les mystères ».
mardi 28 novembre 2017
Paavan MATHEMA

Un Népalais examine les bulletins avant de voter, le 26 novembre 2017, à Chautara, dans le district de Sindhupalchowk
Katmandou (AFP) - Les Népalais votaient dimanche dans le nord du pays dans l'espoir de tourner la page de l'instabilité qui mine ce pays pauvre de l'Himalaya depuis la fin d'une sanglante guerre civile il y a une décennie.
Ces élections pour les assemblées nationale et provinciales se déroulent en deux temps et sont les premières du genre sous la Constitution de 2015. Issue de longues années de négociations depuis la fin du conflit en 2006, la charte fondamentale a institué un État démocratique à structure fédérale.
La nation enclavée a été déchirée entre 1996 et 2006 par une décennie d'insurrection maoïste, qui a coûté la vie à 17.000 personnes et abouti à la chute de la monarchie.
Mais la transition démocratique a été chaotique, marquée par une grande instabilité gouvernementale. Au cours des 11 dernières années, le Népal a ainsi connu 10 changements de Premier ministre.
Le vote se déroule en deux phases: après le nord du pays dimanche, où 3,2 millions d'électeurs sont invités à voter, les Népalais du Sud se rendront aux urnes le 7 décembre. Les résultats sont attendus quelques jours plus tard.
Beaucoup de Népalais espèrent que ce scrutin consacrera la fin des turbulences politiques et permettra de limiter l'impact négatif des marchandages au sein du pouvoir central à Katmandou sur le développement économique du reste du pays.
Des files d'attente d'électeurs chaudement vêtus pour se protéger du froid commençaient à se constituer dimanche matin à Chautara, à l'est de Katmandou.
"Nous sommes très heureux de pouvoir choisir nos représentants", déclarait Ram Krishna Dangal en attendant de pouvoir voter. "Nous espérons après ces élections un gouvernement stable qui pourra mettre en oeuvre des programmes à long terme".
La Constitution de 2015 vise à transférer certaines compétences du gouvernement central au profit de sept provinces nouvellement créées.

- Trois formations dominantes -
La nouvelle loi fondamentale veut empêcher des partis marginaux de faire leur entrée aux différentes assemblées et rendre plus difficile de renverser le Premier ministre. Le but est que le prochain gouvernement puisse pour la première fois aller jusqu'au terme de son mandat de cinq ans.
Au cours des 11 dernières années, l'instabilité politique a fait le lit de la corruption, minant la croissance économique.
Le Népal, pays de 29 millions d'habitants frappé par un séisme meurtrier en 2015, a l'un des plus bas taux de croissance d'Asie du Sud.
Mais les analystes estiment que le changement pourrait être limité car les trois partis qui dominent la scène politique depuis la fin du conflit devraient remporter la part du lion des sièges, tant au niveau national que provincial.
Le parti maoïste formé par d'anciens guérilleros a passé un accord avec les communistes du CNP-UML, créant un mastodonte électoral qui sera difficile à battre.
Actuellement aux commandes, le Congrès népalais, parti centriste, s'acharne, lui, à former des alliances avec des formations plus petites pour essayer de se maintenir au pouvoir.
Les deux camps ont fait campagne autour de promesses de croissance économique élevée, une nécessité dans un pays où les subsides envoyés au pays par les travailleurs à l'étranger comptent pour plus d'un tiers du PIB.
L'année dernière, 400.000 de ses ressortissants se sont fait embaucher hors du Népal. Ils sont principalement employés dans des chantiers de construction dans le Golfe et en Malaisie.
Traditionnellement dans la sphère d'influence indienne, Katmandou a ces dernières années joué un ping-pong diplomatique avec ses deux puissants voisins en se rapprochant de Pékin. La Chine y a investi dans de grands chantiers, ce qui a suscité l'ire de New Delhi.
Les relations entre l'Inde et le Népal se sont améliorées ces derniers temps, et les observateurs escomptent que les communistes retourneront à une attitude plus consensuelle envers son parrain.

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