lundi 18 juin 2018

EN IMAGES. L'Everest, poubelle d'altitude

En 2017, les alpinistes ont redescendu de l'Everest près de 25 tonnes de déchets solides et 15 tonnes de déchets humains. Beaucoup ne les rapportent pas. 

L'être humain laisse sa trace jusque sur le toit de notre planète. Tentes fluorescentes, équipements d'escalade jetés, bouteilles d'oxygène vides et excréments : la neige sur les flancs de l'Everest est jonchée de détritus. En 2017, les alpinistes sur le versant népalais ont ainsi rapporté près de 25 tonnes de déchets solides et 15 tonnes de déchets humains, selon une étude du Sagarmatha Pollution Control Committee (SPCC) relayée par l'Agence France-Presse, dimanche 17 juin. Cette saison, des quantités encore plus grandes ont été redescendues.
C'est dégoûtant, un spectacle répugnant. La montagne est polluée par des tonnes de déchets.
Pemba Dorje Sherpa, guide népalais
à l'Agence France-Presse
Depuis l'émergence des expéditions commerciales dans les années 1990, la fréquentation du sommet de 8 848 mètres d'altitude a explosé. Rien que pour la haute saison de printemps cette année, au moins 600 personnes s'y sont hissées. La guerre des prix entre les opérateurs a ouvert l’Everest à des pratiquants de moins en moins rompus à la haute montagne, ce qui aggrave le problème de l'empreinte écologique, estime l'alpiniste Damian Benegas. Car les sherpas doivent porter l’équipement des grimpeurs néophytes et "ne sont pas en mesure de descendre des poubelles", estime ce vétéran de l'Everest. Pour pallier ce problème, il appelle les agences à embaucher davantage de travailleurs de haute montagne.

Descendre les poubelles

Depuis cinq ans, le Népal requiert une caution de 4 000 dollars par expédition, qui est remboursée si chaque alpiniste redescend au moins huit kilos de déchets. Mais seule la moitié des alpinistes redescend les montants requis, d'après le SPCC. Pour Pemba Dorje Sherpa, le principal problème est l'insouciance des visiteurs. D'autant plus que des responsables officiels peuvent fermer les yeux contre un petit pot-de-vin, affirme-t-il.
Il n'y a juste pas assez de surveillance dans les camps hauts pour s'assurer que la montagne reste propre.
Pemba Dorje Sherpa, guide népalais
à l'Agence France-Presse
Selon Ang Tsering Sherpa, ancien président de l'Association d'alpinisme du Népal, une solution serait de monter des équipes dédiées à la collecte de détritus. Son opérateur Asian Trekking, qui met en avant le côté écologique de ses expéditions, a ainsi ramené 18 tonnes de déchets au cours de la dernière décennie, en plus des 8 kilos par marcheur. "Ce n'est pas un travail facile. Le gouvernement doit motiver des groupes à nettoyer et appliquer les règles plus strictement", dit-il.

Des équipements d'escalade et des déchets jonchent le sol aux abords du camp IV au col sud du mont Everest, le 21 mai 2018. DOMA SHERPA / AFP
Des déchets jonchent le sol près du camp IV du mont Everest, le 20 mai 2018.  DAMIAN BENEGAS / AFP

Des déchets jonchent le sol près du camp IV du mont Everest, le 20 mai 2018.  DAMIAN BENEGAS / AFP
Un sherpa népalais ramasse des déchets à 8 000 mètres d'altitude, le 23 mai 2018, pendant une expédition de nettoyage sur le mont Everest. Les 20 alpinistes ont redescendu 1 800 kg de déchets.  NAMGYAL SHERPA / AFP
Des volontaires ont amassé toutes les bouteilles d'oxygène abandonnées sur le mont Everest lors d'une opération de nettoyage, en 2011.  CATERS NEWS AGENCY/SIPA
Un sherpa népalais ramasse du matériel d'alpinisme abandonné sur le mont Everest, lors d'une opération de nettoyage en 2011. CATERS NEWS AGENCY/SIPA

Un volontaire pose sur un monticule de déchets, cachés juste au delà de la ligne de mire des touristes sur un sentier du mont Everest, lors d'une opération de nettoyage en 2011.  CATERS NEWS AGENCY / SIPA

Un sherpa ramasse des détritus abandonnés par des alpinistes, lors d'une opération de nettoyage, le 23 mai 2010.  NAMGYAL SHERPA / AFP


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